Le freinage est une des fonctions vitales d’un avion, au même titre que la propulsion ou la sustentation. C’est grâce à elle que l’avion peut s’immobiliser après l’atterrissage, circuler au sol en toute sécurité mais également s’arrêter en cas d’urgence lors d’une interruption de décollage.
Que ce soit sur une bicyclette, une voiture ou un avion, la problématique est la même : il faut absorber l’énergie cinétique du véhicule en mouvement puis transformer celle-ci en chaleur afin de la dissiper. Pour ce faire, un objet solidaire de la structure du véhicule, le frein, vient frotter sur la roue en rotation, ou sur un objet solidaire de la roue. Une différence, de taille, entre les différents mobiles, réside toutefois dans l’ordre de grandeur de l’énergie à absorber puisque celle-ci est proportionnelle à la masse et au carré de la vitesse (le célèbre 1/2 mv2) du mobile en mouvement.
Arrêter un Airbus A340 ou un Boeing 777 lancé au roulage à plus de 300 km/h en quelques centaines de mètres revient à absorber une énergie supérieure à 1 milliard de joules en quelques dizaines de secondes, soit environ 125 mégajoules par roue et frein !, Même si le risque est de l’ordre de 1 pour 1 million de décollages, c’est la mission extrême que doit assumer Messier-Bugatti avec ses roues et freins dans le cas extrême d’un RTO, ou décollage interrompu.
